Lutte contre la malnutrition entre 2002 et 2014: une décennie gagnante

par | Juin 13, 2017 | Actualités, Articles, Communiqué | 0 commentaires

La lutte contre la malnutrition au Sénégal a connu des progrès remarquables a souligné un rapport du Groupe Indépendant d’Evaluation de la Banque mondiale (IEG, selon le sigle en anglais) au point que l’on peut considérer la période 2002-2014 comme « une décennie gagnante », selon Abdoulaye Kâ, Coordonnateur national de la Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM). Le rapport qui a été publié à Dakar le 13 juin a jugé « satisfaisants voire très satisfaisants » les résultats du Programme de Renforcement de la nutrition (PRN) mise en œuvre par la Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM) du Sénégal qui bénéficie d’un financement de 62 .6 millions de dollars en trois grandes phases de 2002 à 2014. En effet, l’IEG a constaté une meilleure fourniture de services nutritionnels communautaires dans les zones ciblées au-delà des résultats attendus et une amélioration considérable des connaissances et des comportements des groupes ciblés dans les zones d’intervention. Le rapport souligne également que 91% des enfants participant à des séances mensuelles de promotion de la croissance dans les zones d’intervention d ont enregistré un gain de poids adéquat alors que 81 % des enfants participant aux séances mensuelles de pesée ont enregistré un gain de poids adéquat, au-delà de l’objectif fixé des 75 %. Le département indépendant d’évaluation des projets financés par la Banque mondiale juste « positif » l’impact des sommes transférées sur la nutrition et le bien-être des enfants ciblés et la réduction de la vulnérabilité des populations ciblées. Cependant, l’IEG considère que des efforts doivent être faits notamment pour l’appropriation du développement de la nutrition par les communautés et les communes et le renforcement des capacités encore limitées de gestion des mécanismes de protection sociale et de transfert d’argent vers les groupes les plus vulnérables. Le rapport rappelle que le PRN est né du constat alarmant au début du nouveau millénaire avec un pays faisant face à un problème préoccupant de malnutrition avec près d’un tiers (30 %) des enfants de 0 à 5 ans souffrant d’une malnutrition chronique (taille petite pour l’âge), 10 % de malnutrition aiguë (poids faible pour la taille), et 20 % d’une insuffisance pondérale (poids pour l’âge). En 2001, rappelle Menno Mulder-Sibanda, expert de la Banque mondiale, le Gouvernement du Sénégal a mis en œuvre le PRN financé par l’État, la Banque mondiale, et, plus tard, d’autres partenaires techniques et financiers et crée la CLM, logée a la Primature. Selon Menno Mulder-Sibanda, « en dix ans, les objectifs du PRN ont évolué en tenant compte des progrès tangibles réalisés sur le terrain et des capacités du pays a mettre en œuvre des politiques efficaces pour lutter contre la malnutrition ». En effet, indique M. Abdoulaye Kâ, « dans la phase initiale du projet, la Banque mondiale nous apporter un soutien pour renforcer nos capacités institutionnelles et organisationnelles nécessaires pour permettre à la CLM et à ses partenaires des secteurs public et privé de développer, mettre en œuvre et assurer le suivi des activités multisectorielles de nutrition en zones rurales et urbaines. » Dans sa seconde phase, le PRN a visé à améliorer les conditions nutritionnelles des populations vulnérables, en particulier des enfants âgés de moins de cinq ans des zones rurales et urbaines pauvres. Ensuite, a indiqué M. Kâ, le transfert monétaire a été introduit avec le projet d’Intervention rapide pour la Sécurité nutritionnelle et les Transferts en espèces axés sur les Enfants. « L’objectif était de réduire le risque d’insécurité nutritionnelle des populations vulnérables, en particulier des enfants âgés de moins de cinq ans vivant dans les zones rurales et urbaines pauvres », a-t-il ajouté.